Histoire

Saales.Guerre


Un peu d’histoire

Le plateau qui verra naître Saâles est sur la « via salinaria », antique route du sel, qui en 1040 donne son premier nom au village : SALIS. L’importance des richesses minières avoisinantes a pérennisé ce lieu de passage intense.

En 1040, Salis apparaît dans une charte du roi de Germanie, Henri III, et paraît être une bourgade peuplée. L’abbaye de Senones entretient à Saâles un modeste prieuré au onzième siècle. En 1262, le bourg est dévasté par les troupes de l’Empire. Les soldats de l’évêque de Strasbourg poursuivent les troupes en débandade de Rodolphe de Habsbourg, et incendient Saâles, où paradoxalement l’évêque de Strasbourg possède des droits en temps de paix. Les armées de passage ne cessent de menacer le village. En 1303, Bourg est centre de paroisse. Entre 1250 et 1550, le climat a été clément, et a permis la culture de la vigne sur la Vigne-Fière. La peste noire d’après 1349 anéanti le tiers de la population en une trentaine d’années. Un document de 1454 mentionne que le rectorat est installé à Saâles. En mai 1525, le bourg est saccagé et pillé par l’armée du duc Antoine de Lorraine.

Après la guerre de Trente Ans  Saâles, comme toutes les bourgades sur les voies de passage est de nouveau éprouvée, à partir de 1632, pendant la guerre de Trente Ans. Les Suédois incendient le village et font fuir les habitants. Les Français y massacrent après 1635, et les survivants doivent alors échapper aux épidémies ravageuses qui suivent généralement les armées.

En 1666, le cadre de vie reste délabré à cause d’une insécurité permanente. L’église pastorale est complètement abandonnée, et Saâles n’est plus qu’une filiale de Bourg- Bruche, où siège le rectorat à partir de 1700.

Le renouveau des foires permet à la communauté de Saâles d’être un intermédiaire entre les vallées vosgiennes qui élèvent du bétail. Les vins d’Alsace gagnent Metz, et les salines de Lorraine apportent du sel à destination de la Suisse et de l’Alsace. La position géographique entre Senones et Villé favorise le développement commercial, et Saâles confirme à partir de 1743 son privilège de tenir foire et marché.

Saâles a été pendant plusieurs siècles le plus gros bourg En 1751, Saâles fait partie du baillage de Saint-Dié, et

après 1777 fait partie du diocèse de Saint-Dié.
Le canton de Saâles est créé en 1790, rattaché au département des Vosges et au district de Saint-Dié.
Les mines de fer ne sont plus exploitées à partir de 1809. Saâles vers 1845
Le canton a une population de 1361 habitants, mais la commune n’est que la cinquième en population, avec 247 ménages habitant dans 227 maisons. L’école de garçons accueille 136 élèves, l’école de filles 120.
120 électeurs censitaires élisent 12 conseillers municipaux.

La commune s’étend sur 987 ha, dont 413 ha de forêt. Les terres cultivées représentent 180 ha, les prés et les prairies irriguées 169 ha, et les jardins 14 ha. 

Cinq foires se tiennent dans l’année, et le marché tous les lundis.
En 1846, un incendie dévaste l’ancien centre et l’église Saint Barthélémy. Les travaux commencés en 1847

jusqu’en 1854 remodèlent le centre : avec un nouvel hôtel de ville à la place de l’ancienne église, des écoles nouvelles, une église nouvelle néo-romane.
La Troisième République et l’Empire

Sous le Second Empire, le bourg affiche une prospérité bourgeoise. La population locale recommence à croître, et le canton passe de 12384 ha en 1859 à 12999 en 1863, Saâles de 1194 à 1245 ha. Bourg-Bruche compte alors 1257, puis 1346 ha, mais les bourgades les plus peuplées du canton sont toujours Plaine et Lusse. Bien que favorisée par la croissance économique, Saâles vit sur l’acquis et la routine, à la différence de l’ensemble en devenir, Rothau- La Broque-Schirmeck.

Le 28 septembre 1870, un bataillon de Badois fait irruption pendant la grande foire d’automne, mais part rapidement pour Raon L’Etape. En 1871, une partie du canton de Saâles fait partie des territoires d’Alsace-Lorraine détachés à l’Allemagne. Les militaires allemands stationnent jusqu’en mars 1872. Un hospice pour pauvres vieillards est fondé par mademoiselle H. Barthélémy. Au cours des années 1880 la grande foire agricole décline irrémédiablement, entravée par les douanes française et allemande, nées de la nouvelle découpe des frontières.

Les autorités allemandes décident de construire une ligne de chemin de fer. Saâles verse une contribution de 50000 marks, étant intéressée pour exporter son bois. Le désenclavement Rothau-Saâles inauguré en 1890 accroît l’exode vers les villes alsaciennes. La création de deux tissages est demandée par la commune pour lutter contre la paupérisation , Vaultier entre 1891 et 1894, et G. Marchal et Fils en 1900. La population tombe en dessous de 1000 ha. Mais la contrée séduit les touristes allemands qui débarquent dans la petite gare, pour trouver un havre de nature paisible, paradis du marcheur.

Le Vingtième siècle

Au début du vingtième siècle, le village aux rues larges et pourvu de 16 fontaines en grès, est entouré de belles prairies.
Le sanatorium Tannenberg est inauguré en 1904. C’est l’époque de la montagne magique. Après la guerre de 1914-18, Saâles reste alsacienne. Après le bombardement de 1918 la mairie n’a plus que trois murs, et sera restaurée en 1924. Puis Saâles redevient ville-frontière en 1940. De 1950 à 1954, le santorium est modernisé en complexe sanitaire, gardant une spécialisation pulmonaire. Le lent déclin textile est conclu avec la disparition des derniers ateliers dans les années 1980. 

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